Les enfants parallèles

Recevoir cet album grâce à la Masse Critique m’a tout d’abord permis de découvrir un éditeur jeunesse : Léon arts & stories, spécialisé dans les albums jeunesse liés à l’art. Leur devise : des histoires pour aimer l’art. Leurs diverses collections sont toutes très attrayantes. Quand on adore la peinture et la littérature jeunesse comme moi, on ne peut qu’adhérer !

C’est donc avec curiosité que j’ai entamé la lecture de l’album Les enfants parallèles, ayant pour sujet les peintures de Foujita, icône des peintres du quartier Montparnasse au XXème siècle, au style singulier.

L’album mêle des reproductions d’œuvres de Foujita et des illustrations originales représentant les personnages de l’intrigue. Ce concept rend cet album singulier et novateur. Je dois néanmoins admettre que l’intrigue m’a désarçonné lors d’une première lecture : des enfants que personne ne semble voir cherchent à tout prix « le grand raccommodeur »… qui s’avèrera être Foujita évidemment ! Celui-ci va leur permettre de se connecter avec l’adulte qu’ils sont maintenant pour leur rappeler leur âme d’enfant, référence à la peinture malicieuse de Foujita qui aimait portraiturer humains et animaux avec un certain onirisme dans le regard.

C’est vraiment en prenant le temps de lire cet album une seconde fois que j’ai vraiment apprécié la poésie qu’il contient et l’hommage original à la peinture et la personne de Foujita. Si les enfants ne saisiront peut-être pas forcément le sens profond de l’intrigue quant à l’importance de garder ses rêves d’enfants dans sa vie d’adulte, ils apprécieront sans nul doute les reproductions de peinture, notamment félines ! De plus, une double page documentaire à la fin de l’album renforce l’aspect pédagogique de l’album.

Pour conclure, quelle belle idée de vouloir faire découvrir l’oeuvre de Foujita aux enfants ! Défi relevé avec ce bel album, hommage poétique, original et étonnant rendu à Foujita, par un éditeur à l’identité singulière dont j’aimerai découvrir les collections plus amplement. Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Léon art & stories.

Les enfants parallèles. Hélène Kérillis, Xavière Devos. D’après Léonard Tsuguharu Foujita. Léon art & stories. Mars 2018.

Exposition à la Boîte de Pandore à Lons-le-Saunier

C’est encore difficile à croire pour moi, mais mon exposition a enfin lieu ! Pour rappel, elle devait se tenir initialement en mai 2020, mais comme vous vous en doutez le covid a bouleversé le calendrier. Prévue ensuite en novembre 2020 puis de nouveau annulée, c’est finalement en juin 2021 que je peux enfin vous montrer une sélection de mes créations !


L’exposition a lieu dans la jolie librairie La boîte de Pandore, 15 rue Perrin à Lons-le-Saunier dans le Jura. Il a y a une petite salle d’exposition au fond de la librairie à droite, je vous invite donc vivement à y rentrer pour découvrir mon travail. L’exposition est accessible aux heures d’ouverture de la librairie.

Extrait de la Newsletter de juin de la librairie

La sélection des œuvres a été un bon défi pour moi ! Pour cette exposition, je ne voulais pas privilégier une thématique particulière de mon travail mais montrer au contraire la diversité des techniques et des sujets que je propose. Vous pourrez donc découvrir des paysages et des portraits, tant en peinture à l’huile, en pastel, en aquarelle, en fusain, en aquarelle ou encore aux crayons de couleur.

Je vous propose également un portfolio qui vous montrera d’autres créations non exposées. Enfin un porte-vues vous montrera également de nombreux croquis et dessins.

J’avais participé à une exposition collective il y a plus de 10 ans, on peut donc dire que c’est ma première exposition, ce qui est aussi très symbolique et aussi une étape importante pour moi car c’est avec elle que je commence à montrer mes créations à tous, en espérant que ma sensibilité et la vôtre se répondent par le biais de l’une ou de plusieurs de mes créations.

Vous avez encore jusqu’au 3 juillet pour venir faire un tour et en profiter pourquoi pas pour visiter Lons et ses environs par ce temps ensoleillé !

Salon de Printemps 2021 à Cuiseaux

Enfin, une exposition ! Cette respiration a été permise grâce à l’association Art Club Cuiseaux qui organise des manifestations artistiques dans le village de Cuiseaux en Saône-et-Loire.


Je participe pour la première fois au Salon de Printemps, une exposition collective des artistes de l’association. Celui-ci se déroule dans la très belle Salle des Puces, du 22 au 30 mai. Les artistes vous accueillent de 14h30 à 18h30. Une diversité d’œuvres aux techniques variées est présentée.


Pour cette exposition, j’ai choisis d’exposer deux créations : la peinture à l’huile intitulée Wakhi (the runner) et le pastel Hérisson représentant un paysage des célèbres cascades du Hérisson dans le Jura.

N’hésitez pas à venir si vous êtes de passage dans le Jura ou en Saône-et-Loire !

Article paru dans L’indépendant du Louhannais – 25/05/2021

Radium Girls

Etats-Unis, New-Jersey, années 20. Des jeunes femmes travaillent dans une usine de fabrication de montres. La bande-dessinée Radium Girls nous raconte leur quotidien… et leur destin tragique.

Leur fonction dans l’usine est bien spécifique : elles doivent peindre les cadrans de montres à l’aide d’une peinture au radium. Pour plus d’efficacité, elles ont une technique qui consiste à mouiller le pinceau avec leur lèvres. Ces travailleuses forment un groupe jovial et soudé qu’elles aiment appeler les « Ghost Girls ». En effet, la peinture au radium, qu’elles aiment aussi utiliser sur leurs ongles, parfois leurs vêtements, devient luminescente la nuit. Ces filles brillent dans le noir, irradient de lumière les soirées dansantes auxquelles elles participent.

Malheureusement, cet amusement ne durera pas. Car l’exposition au radium, comme on commence à la découvrir -et l’étouffer- à cette époque, est mortelle. Les filles, chacune leur tour, commencent à être malades, à voir leur état empirer rapidement, à se voir disparaître les unes après les autres… Bien vite, elles suspectent que leur métier et le radium sont la cause de leurs souffrances. Elles vont aussi devoir faire face à cette dure réalité : on savait les risques, on ne leur a rien dit. Débute alors un combat juridique, dont le temps est compté, pour faire éclater la vérité et rendre justice à ces femmes sacrifiées au nom de la productivité.

L’autrice Cy mène avec justesse et émotion ce combat pour ne pas faire tomber dans l’oubli les Radium Girls. A la fin de la lecture, on ne peut qu’être révolté face au destin tragique de ces femmes dynamiques dont les vies ont été fauchées. Le dessin est réalisé entièrement aux crayons de couleurs. De plus, la palette de couleurs est très limitée : violet et vert prédominent. Ces deux éléments donnent une vraie singularité graphique à l’ouvrage. La BD est aussi ponctuée de portraits de femmes en pleine page qui m’ont marqué car ils dégagent une émotion intense.

Pour conclure, cette bande-dessinée est vraiment un bel hommage à ces femmes et à leur combat, tant sur le fond que sur la forme. Un vrai coup de coeur !

Radium Girls. Cy. Glénat. Août 2020.

The White Darkness

Ce récit relate la vie d’Henry Worsley, militaire, père de famille, qui a une passion sans faille pour l’exploration de l’Antarctique, inspirée par le destin de l’explorateur polaire Ernest Shackelton qui est pour lui un modèle de courage et de force morale. Cette fascination le poussera à entreprendre une première mission en Antarctique avec deux amis qu’ils réussiront non sans mal. Comme avec toute passion, difficile de se raisonner de ne pas y succomber : c’est pourquoi Henry Worsley se lancera dans une seconde expédition ambitieuse, une fois à la retraite : traverser l’Antarctique sans assistance… complètement seul. L’Antarctique et lui, les étendues blanches et sa solitude.

J’ai beaucoup aimé ce livre, pour diverses raisons.Tout d’abord son esthétique m’a vraiment séduite. La couverture est je trouve très cinématographique, avec ce portrait d’explorateur détendu, fumant son cigare, le reflet des paysages polaires dans les lunettes. En ouvrant le livre, on découvre un texte aéré à la police originale, des titres de chapitres qui prennent la place de doubles-pages et surtout un texte agrémenté de nombreuses photographies en noir et blanc… Celles-ci nous permettent de découvrir en image la réalité des aventures de Worsley, les visages de ses amis explorateurs, de sa femme et de ses enfants. Ces photographies donnent une ampleur au texte et transmettent des émotions lorsque nous pouvons découvrir les paysages sans fin de l’Antarctique et les obstacles qu’affrontent les explorateurs, si petits et dérisoires face à cette immensité.

Ce texte est plaisant à lire, il m’a été difficile de lâcher le livre lors de la dernière partie. Le destin de Worsley nous questionne sur notre condition humaine face à la nature, les limites de notre corps et de notre volonté, la démesure de nos passions et nos ambitions, et l’impossibilité de s’en détacher lorsque les désirs sont trop ancrés en nous. Car si les ambitions de Worsley lui sont fatales, c’est au cœur de ses expéditions que celui-ci se sent le plus vivant, entier… à l’image de cette phrase qu’il inscrit dans le sol polaire : « I am the Antarctic ».

Pour finir, je remercie Babelio et les éditions du Sous-sol qui m’ont permis de lire ce très beau récit, et de découvrir une autre œuvre de l’auteur David Grann, que je connaissais seulement pour The lost city of Z. Cela me donne envie de continuer l’exploration de son œuvre !

The White Darkness. David Grann. Editions du sous-sol. Février 2021.

Le cœur des louves

Boom boom. Boom boom. En écho au rythme des chapitres consacrés à Célia devenue Louve, mon cœur était tendu lors de la lecture de ce roman assez marquant.

Si j’ai eu du mal à rentrer dans ce roman, me mélangeant parfois dans les personnages et les époques à son début, à partir du deuxième quart du livre il m’était vraiment difficile de le lâcher. L’écriture est maîtrisée. Il y a une très grande force qui se dégage des personnages, de leurs histoires atypiques et difficiles, de cette liberté revendiquée par les femmes de différentes âges qui se réclament du monde sauvage, de la force des louves… car c’est leur seule façon de pouvoir vivre leur liberté. Les hommes sont eux souvent violents, fragiles, lâches souvent et dépassés.

La noirceur de ce livre est vraiment marquante : violence, inceste, sexualité sans amour, chasse à l’homme, meurtres, xénophobie, tromperies… l’humanité y est dépeinte sans fard. C’est une histoire qui nous montre aussi l’importance de la sororité, de la transmission et du dialogue. Une claque en littérature jeunesse que je conseillerais néanmoins à partir d’un public lycéen et non collégien.

Le coeur des louves. Stéphane Servant. Le Rouergue. 2013.